Je me réveille dans une toute petite chambre simplement décorée. Les murs sont jaune pâle, dépourvus de tout ornement. Dans le coin de la pièce trône une simple petite table accolée au mur. Dessus, je peux apercevoir une éphéméride. Je me lève pour vérifier la date : 3 juillet 2010. Alors que je reste fixer le petit bout de carton, mes souvenirs refont surface : Océane, sirène, nouvelle vie.
Je me retourne et m’approche de la fenêtre afin de tirer les rideaux. Le temps est gris, mais j’ai une vue imprenable sur l’océan. Je me ressaisis.
Puisqu’il faut commencer une nouvelle vie, autant la commencer dès maintenant, pensé-je.
Je me dirige vers le placard – je ne sais pas vraiment pourquoi, une vieille habitude sans doute – mais à ma grande surprise il est rempli de différents vêtements : sous-vêtements, jeans, t-shirts, sweats, robes, vestes, diverses chaussures... Bref, une garde-robe classique. Je prends des sous-vêtements, un jean et un T-shirt puis m’engouffre dans la salle de bain afin de prendre une douche pour m’éclaircir les idées. Je fais attention à ôter mon bracelet avant de pénétrer sous le jet. Au contact de l’eau, la marque sur mon poignet se met à scintiller et je ne peux m’empêcher de la contempler pendant au moins 5 bonnes minutes avant de me raviser pour finir de me laver et de remettre mon bracelet en place.
Une fois prête, je décide de faire une balade afin de savoir où j’ai pu atterrir. C’est en allant prendre les clés de ma chambre qui se trouvent sur le bureau que j’ai la réponse. Une toute petite carte avec l’entête d’un motel trône dessus : « Motel calypso Vero Beach comté d’Indian River, Floride ». Le nom me fait sourire. Calypso, décidément quoi de mieux qu’un motel avec le nom d’une nymphe pour recommencer à vivre. Je m'en vais donc découvrir Vero Beach puisque visiblement c’est ici que je vais prendre un nouveau départ.
Mais avant d’entamer ma visite, je vais à la réception, dans l’espoir d’avoir du courrier qui pourrait m’éclairer un peu plus sur ce que je devais faire ici.
Lorsque je pénètre à l’accueil, une jeune femme ayant la trentaine, des cheveux courts coiffés en arrière et un regard chaleureux m’accueille avec un large sourire.
— Bonjour mademoiselle.
— Bonjour, réponds-je timidement.
— Que puis-je pour vous ?
— Pouvez-vous me dire si quelqu'un a laissé une lettre pour moi ?
— Oui, attendez, votre amie m’a chargée de vous remettre ça lorsqu’elle vous a déposé hier soir, dit-elle en extirpant une enveloppe blanche de sous son comptoir.
Mon amie ? C’est étrange, je n’ai aucun souvenir de mon arrivée ici. J’ose quand même l’interroger pour en savoir un peu plus tandis que je m’empare du pli qu’elle me tend.
— Excusez-moi, cela va peut-être vous paraître curieux, mais je n’ai aucun souvenir de mon arrivée alors est-ce que par hasard, mon amie vous aurait laissé son nom ?
— Non désolée. Elle m’a juste dit que vous aviez eu un chagrin d’amour et qu’il valait mieux pour vous changer d’air un moment.
— Je vois, mais peut-être que vous pourriez me la décrire physiquement
— Oh ! ça oui ! Votre amie est très jolie. Grande, Blonde avec de longs cheveux et de magnifiques yeux bleus.
— Océane, murmuré-je pour moi-même.
— En tout cas, elle a payé votre chambre pour un mois alors j’espère que vous irez mieux.
— Oui merci madame.
— Appelez-moi Jessie.
— Très bien Jessie. Moi, c’est Évalyn.
— Enchantée, reprend-elle.
— Vous devriez en profiter pour visiter notre jolie ville. C’est très sympa, vous verrez et qui sait, peut-être que vous vous y plairez.
— Pourquoi pas ? Je vous remercie de votre accueil, et au passage on pourrait se tutoyer. Bonne journée !
— Merci, toi aussi, Évalyn ! dit-elle en souriant.
Dès que je referme la porte derrière moi, je décachète mon courrier afin d’en savoir un peu plus. J'y découvre plusieurs titres d'identité et un papier soigneusement plié en quatre. Lorsque je le déplie, je découvre une carte de crédit, coincée au milieu des plis. Sur la feuille, un mot est écrit de façon raffinée :
Évalyn,
Pour t'aider à prendre un nouveau départ, tu trouveras ci-joint une carte de crédit à ton nom. Le compte possède un solde de 300.000 $. Le code est 2202. Tu trouveras également un passeport et un permis de conduire à ton nom. La chambre est payée pour un mois. Profites-en.
O.
Je n’en reviens pas. Je ne connaissais toujours personne hormis Jessie désormais – et encore, si je peux vraiment la compter –, mais le fait de savoir que je ne suis pas sans ressources me rassure un peu.



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